L’intérêt de cette pièce réside dans le fait qu’elle remet à une échelle humaine les tragiques événements de la guerre 39-45. Elle plonge le spectateur dans un quotidien plus explicite pour le commun des mortels que l’exposé magistral d’un historien érudit. (…) Le texte, prenant, est servi par des acteurs percutants. Peut-on sortir indemne d’une telle démonstration ? Pas vraiment sûr.
La Marseillaise
Chez lui, (André Neyton) pas de bons et pas de méchants, aucune forme de facilité, mais cette conviction que la conscience humaine, à travers des époques au demeurant bien différentes, se doit d’avoir une filiation déterminée, claire et courageuse. (…) Les comédiens servent un texte dépouillé avec brio et sobriété. Quant à Sophie Neyton et son père André qui pour l’occasion retrouve les planches, c’est avec beaucoup d’émotion qu’ils s’imprègnent de leurs personnages, au confluent de bien des choses tout au long d’une pièce qui ne s’interdit pas bien au contraire de sonder une actualité hélas bien prégnante, dès lors qu’il est question d’égalité des chances ou d’école de la République.
La Marseillaise
Toujours très fécond, André Neyton ne pouvait pas terminer l’année sans proposer à son public une nouvelle création. « Du beurre dans les rutabagas » rappelle les années sombres de l’Occupation. Nous sommes en 1943, dans une petite ville de Provence. (…) Par petites touches, la pièce aborde tous les aspects de cette atmosphère délétère où la suspicion des uns et des autres crée des affrontements entre des visions opposées du monde, entre égoïsme et esprit de sacrifice. Texte et mise en scène signés André Neyton sont convaincants. La musique est composée par Miquèu Montanaro. Lumière et costumes participent efficacement à l’ambiance sombre de la guerre.
Var Matin