Il faut courir voir "La légende noire du soldat O" qu'André Neyton vient de créer à Toulon. Non seulement pour redécouvrir l'affaire scandaleuse du XVème Corps, ce corps d'armée provençal injustement accusé de lâcheté en 1914 et le destin tragique du soldat Odde, fusillé pour l’exemple, mais pour comprendre comment un siècle d'hystérie ethnique et politique anti-méridionale put justifier la manipulation du Gouvernement et de l'armée. Avec une grande économie de moyens, qui produit une efficacité théâtrale des plus grandes, servie par quatre comédiens de qualité, Neyton mêle la réalité et le rêve, le front et la maison, l'écrit raciste séculaire et le drame présent. Une réussite.
René Merle - La Marseillaise

Alternant chants patriotiques en direct, projections d’images de guerre sur un écran en fond de scène, et actions, ce spectacle, très bien conçu, porté par quatre beaux comédiens va droit au cœur. Mêlant humour (souvent) noir et gravité du propos, il ne se laisse pas oublier.
La Provence Avignon

Dans sa pièce, André Neyton livre une histoire tragi-comique remplie d’émotion. Toute en subtilité. Le militaire écrit à sa famille entre deux obus ; la Madelon l’exhorte au combat ; dans les salons parisiens, les bien-pensants tissent le drame d’un racisme méconnu…/… un rendez-vous incontournable de ce mois de novembre. A méditer à quelques jours des commémorations du 11 novembre.
Var Matin

Et ce qu’en pense le Général André Bach
Ancien chef du Service historique de l'armée de terre, auteur de « Fusillés pour l'exemple »
à propos de « La légende noire du Soldat O
... j'ai un faible pour l'intelligence et l'esprit critique et j'apprécie justement ces qualités dans votre travail, mis en scène avec élégance et qui, sans y toucher, met le doigt sur tout les « âneries » qui peuvent être parfois prononcées par des gens dont la notoriété était et reste forte et que l'on révère comme intellectuels ou penseurs. La succession des citations, rassemblées ici pour la circonstance, donne au fil de la lecture une impression irrésistible de bouffonnerie, tant ces assertions paraissent sorties de délires plus que d'observations scientifiques. On est dans l'image, pas dans la réalité, comme le souligne par ses réactions le soldat O. dans tout le chatoiement et la verdeur de la langue d'oc.
Ce n'est que par des réalisations, comme la vôtre, profondément respectueuse de la réalité, que l'on peut espérer « retrouver » réellement la grande guerre, grande guerre dont l'histoire est bien encore fort défigurée aujourd'hui, du fait que dès sa conclusion s'est construite une image « sacrée » qui demandait qu'il y ait des bons, des méchants, des traîtres , des lâches, etc…, ce qui a été fait en distribuant des rôles aux uns et aux autres, rôles dont la mémoire a du mal à se défaire, ne serait-ce que parce qu'elle a été entérinée par l'histoire officielle, voire universitaire.
Par le même je rends hommage à votre action et à celle des chercheurs qui oeuvrent pour que « l'image médiatique" de la Provence , injuste, soit modifiée tels entre autres que Maurice Mistre ou Claude Chanteloube. Je lis avec intérêt leurs travaux car j'y observe la grande rigueur qui les anime et la qualité des sources qu'ils exhument.
Votre « Légende noire du soldat O » est un modèle de ce que peut apporter une pièce de théâtre, intelligemment conçue, proche des faits et élégamment mise en scène, à la prise de conscience de la part de légende qui encore de nos jours, perdure dans l'imaginaire et même dans l'histoire académique, légende qui continue à salir la mémoire d'hommes qui ne méritaient pas cela de la part de leurs concitoyens français.
1er - 12 - 2009

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